Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /2008 17:12

     Si vous n'avez pas encore entendu parlé du nouveau bébé d'Antoine de Caunes, c'est que vous êtes passés à travers les filets de son matraquage médiatique ! Pas de panique, vous allez y avoir droit. Son film, qui retrace la campagne présidentielle de Coluche aux élections de 1981, entretient ces derneiers jours la polémique.

     En effet, le titre du film, Coluche, l'histoire d'un mec, fait en ce moment débat. Paul Lederman, ancien éditeur et agent de Coluche, vient de lancer, deux jours avant sa sortie en salles, une procédure judiciaire et demande la suppression du sous-titre "L'histoire d'un mec" des affiches et du générique, ainsi que 150 000 euros de dommages et intérêts, accusant Antoine de Caune s et les producteurs du film de ne pas avoir respecter des droits qui lui appartiennent.

     Le réalisateur explique : "Les producteurs ont acheté les droits de la biographie de Philippe Boggio qui s'appelle "Coluche, l'histoire d'un mec". Le livre est librement adapté d'un passage de cette biographie, on a trouvé ça cohérent de faire porter au film le même titre que le livre, qui lui n'avait pas été attaqué".

     Le film, qui doit être projeté à partir de mercredi, pourrait ne pas sortir le 15 octobre, comme il était prévu. Antoine de Caunes a souligné : "Coluche nous appartient à tous. Coluche est un bien national, il appartient à l'imaginaire collectif français, on a le droit de parler de Coluche sans avoir la primature de Paul Lederman".
Par Elodie - Publié dans : News - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /2008 15:14

      Tim Burton a dévoilé une partie du casting de son nouveau projet, l'adaptation sur grand écran du conte de Lewiss Carroll, Alice aux pays des merveilles. On retrouvera sans grande surprise mais avec beaucoup d'impatience les habitués Johnny Depp et Helena Bonham Carter.
     C'est l'actrice australienne Mia Wasikowska qui a été choisie par le réalisateur américain pour incarner le rôle de la jeune blondinette en quête d'aventures, dans un nouvel opus tourné en "performance capture", qui donnera un visuel comparable à celui de la Légende de Beowulf.
     Une affiche déjà prometteuse, récemment complétée par Anne Hattaway (Le diable s'habille en Prada, Le secret de Brokeback Mountain), pour une sortie de film prévue pour 2010.
     Petit détail, la fille du couple Burton fait elle aussi partie du casting. Impossible cependant de vous communiquer son identité, puisque ses parents ne lui ont pas encore choisi de prénom...
Par Elodie - Publié dans : News - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /2008 11:46

 

Impossible de passer à côté de la surprenante Palme d'Or qui aurait ému aux larmes et séduit à l'unanimité le prestigieux jury du Festival de Cannes cette année. Le docu-fiction de Laurent Cantet, sa quatrième réalisation pour le cinéma, a retourné la planète Cannes, qui ne s'attendait pas à voir le film français, dernier film en compétition à avoir été projeté et finalement peu attendu, gravir les marches sous les feux de la rampe. En effet, Entre les murs ne faisait même pas partie de la sélection officielle du festival, et ce quelques jours avant le début des festivités. Il a tout de même succédé à Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat, dernier petit frenchie à avoir reçu la récompense suprême, en 1987.

 

Posons le décor : lycée Dolto, 20ème arrondissement de Paris. François Bégaudeau est professeur de français et professeur principal des 4ème 3. Un lycée réputé « difficile », une classe où les élèves, on va vite s'en rendre compte, n'ont pas leur langue dans leur poche. Inspiré du livre de Bégaudeau lui-même, dont le film reprend même le titre, Cantet va donc filmer pendant toute une année scolaire le quotidien des collégiens et de leur professeur. Les thèmes des cours, les réflexions des adolescents, les difficultés que l'enseignant rencontre pour se faire respecter et garder le calme dans sa salle de classe.

 

Pas de doute, on se retrouve sur les bancs du collège. Les mêmes sujets de cours, les mêmes interrogations. Les réactions de certains jeunes paraissent souvent excessives, démesurées, mais elles permettent de se plonger dans le quotidien du prof de français, parfois un peu longuet, il faut le reconnaître. On se sent confronté à une sorte de huis clos, puisque la caméra ne sort pas de l'enceinte du collège, ce qui a permis à Laurent Cantet d'asseoir encore plus son projet. « J'avais eu l'idée d'un film sur la vie d'un collège. Très vite, le projet s'est imposé de ne jamais sortir de l'enceinte de l'établissement. Je voulais la (l'école) montrer comme une caisse de résonance, un lieu traversé par les turbulences du monde, un microcosme où se jouent très concrètement les questions d'égalité ou d'inégalité des chances, de travail et de pouvoir, d'intégration culturelle et sociale, d'exclusion. Le film expose par exemple les barrières linguistiques rencontrées par un ado en difficulté dont les parents ne parlent pas français, ou d'un autre qui apprend tout juste le français et dont la mère vient d'être placée en centre de rétention. Des situations difficiles qui font aujourd'hui l'actualité et que Laurent Cantet expose mais sans les juger, ni donner forcément de solutions, mais toujours dans la perspective du professeur.

 
Devoirs sur table, lectures en cours, conseils de classe, récréations, salle des profs, conseils de discipline, rien ne manque, sauf peut-être un peu de rythme, lorsque les cours se suivent et se ressemblent. Une façon sans doute de transmettre la lassitude que nous avons tous connue en tant qu'élèves. On n'y apprend pas énormément de choses, mais on y trouve tous les problèmes auxquels peuvent être les professeurs : la culpabilité d'emmener un élève perturbateur dans le bureau du proviseur, l'état d'exaspération extrême qu'il faut savoir contrôler face à une vingtaine d'élèves parfois irrespectueux.

                                                                                                                                            François Bégaudeau


A raison d'ateliers avec des élèves de 4ème et 3ème de novembre 2006 à juin 2007 tous les mercredis après-midi, les salles de classes ont été un peu modifiées pour pouvoir accueillir trois caméras : une en permanence sur le professeur, une autre sur l'élève principal de la scène pour accentuer la confrontation verbale qui s'installe avec l'enseignant, et bien sur une troisième pour capter les réactions de la salle de classe. Les professeurs du collège et les parents d'élèves jouent tous leurs propres rôles.


Le réalisateur a choisi de filmer en numérique, ce qui lui a permis de tourner plus librement, caméra au poing, donnant souvent encore plus de réalisme à certaines scènes. Mais il a fallu adapter le format numérique aux salles de cinéma, qui diffuse habituellement en format 16/9, et les plans sont parfois trop serrés jusqu'à couper le front des acteurs. Mais les nombreux gros plans et focus permettent de mettre en valeur l'émotion et les réactions, ce qui au final est plus important.

 

Quelques phrases drôles, moments d'émotions, doutes et certitudes, pour décrire au final un métier pas si facile, mais dont on comprend qu'il s'inspire d'une véritable vocation.

 

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Par Elodie - Publié dans : Critiques - Communauté : Vos critiques de cinéma
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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /2008 16:21

On avait laissé l'homme chauve-souris dans un Gotham sur le point d'être envahi par la folie du Joker. Pas de déception, le Joker est là, et quel Joker ! Le talent d'Heath Leger  (Borkeback mountain, Chevalier) crève littéralement l'écran. Fou, hystérique, cruel, dément, l'acteur australien, pour son dernier rôle, incarne à merveille celui qui va forcer Batman à se dévoiler, à se mettre en danger et à faire des choix. Loin de l'interprétation de Jack Nicholson pourtant excellente dans l'adaptation de Tim Burton en 1989, il est déstabilisant, parfois dérangeant, son seul but étant de répendre le chaos et non l'argent, comme la plupart des "méchants". Ses mimiques et ses expressions nous captent dès le début, il en vient même à manquer dans les scènes où il n'apparaît pas. Un bon pas vers un oscar posthume qui pourrait récompenser son jeu en février 2009.


Pour incarner « le » Batman, Christian Bale (3h10 pour Yuma, Le nouveau monde) a repris son costume et sa voix grave, pour un opus nettement moins lent et larmoyant que Batman Begins, de Christopher Nolan (Le Prestige). Le réalisateur a cette fois privilégié un univers encore plus sombre, insistant que le côté obscur des personnages du premier film. Les doutes du héros sont davantage supportables qu'à ses débuts, où le côté spirituel devenait plus qu'agaçant. Ici, Batman doit faire des choix, souffre, mais assume, sans avoir à méditer ou à s'exiler pendant des années, même si c'est ce comportement qui est sensé avoir forgé sa personnalité.


A ses côtés l'inspecteur Jim Gordon, incarné par l'excellent Gary Oldman, le fidèle Alfred, sous les traits de Michael Caine, sans oublier Rachel Dawes, grand amour de Bruce Wayne, rôle repris par Maggie Gyllenhaal (Le sourire de Mona Lisa, World Trade Center) après l'absence de Katie Holmes des écrans. Enorme casting complété par Morgan Freeman, sorte d'Inspecteur Gadget quand Batman devient un peu James Bond à ses heures, bijoux de technologie en main, essais à l'appui. Enfin, Aaron Echkart, que l'on a récemment vu dans Thank you for smoking, endosse ici une personnalité complexe et plus surprenante qu'on pourrait le penser.


Un film fort en rebondissements, puisque ça n'arrête jamais, mais parfois un peu longuet à force de retournements de situation. Cependant, le réalisateur parvient à nous surprendre, bien plus que dans le précédent. Son adaptation se détache clairement de celles de Tim Burton ou Joel Schumacher dans les années 1980-90. Ces derniers laissaient souvent la vedette à un seul méchant par long-métrage. Ici l'on assiste à la naissance des méchants, et non à leur arrivée spontanée dans Gotham City, ce qui permet de mieux cerner les personnages, mais déçoit quelque peu puisque de nombreuses suites pourtant très attendues semblent moins envisageables.


Bref, tous les ingrédients sont là pour plonger le spectateur dans un suspense efficace, le poussant à se projeter dans cet univers entre pègre et figures inoubliables. Et même si Batman se la joue un peu trop Robin sur une moto aux roues de semi-remorques pas toujours crédible, le justicier masqué convainc encore. Vivement le prochain.


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Jeudi 11 septembre 2008 4 11 /09 /2008 14:03

Ames sensibles, s'abstenir. L'homme qui se cache sous le pseudonyme de Jack l'Éventreur ne fait pas dans la dentelle. Enfin, si. Mais pas dans  celle que l'on croit, à en croire son nom. Il est même l'un des sérial killers les plus connus de notre temps. A son tableau de chasse, des dizaines de prostituées qu'il exécuta dans le Londres de la fin du 19ème siècle, semant la terreur parmi les habitants du quartier de Whitechapel. Le titre du film empreinte d'ailleurs l'en-tête d'un message laissée par le célèbre tueur après l'un de ses crimes.


Pour retracer ce plan machiavélique, les frères Hugues ont posé un décor très sombre, témoin d'une ville affamée où les femmes de la rue sont sous la coupe des hommes d'argent. On y retrouve un peu l'atmosphère du Sweeney Todd de Tim Burton, avec cependant davantage de couleurs. Et un point commun évident entre ces deux films : le grand Johnny Depp. Dans la redingote d'un enquêteur spécialiste des meurtriers en série,
Fred Abberline, face à une hiérarchie souvent peu réceptive à ses intuitions. Guidé par ses visons d'opiomane, il va s'acharner sur le moindre indice pour obliger l'Eventreur à se démasquer.


Le tueur n'a jamais été arrêté, sa véritable identité n'a jamais été découverte. Cependant, les réalisateurs ont choisi d'attribuer ces horreurs à une personne précise. Un choix qui peut sembler arbitraire mais qui permet de ne pas rester sur sa faim et d'éviter une issue trop énigmatique. Mais l'évolution des personnages au cours de l'histoire reste  un peu caricaturale et leurs réactions sont parfois prévisibles.


On est rapidement plongé dans un monde distinctement coupé en deux. D'un côté, les créatures des bas fonds, dont le chef de file, Heather Graham, n'est finalement pas aussi laide et repoussante qu'on pourrait l'imaginer. De l'autre côté, les hommes de pouvoirs, médecins et autres politiques, pour qui la vie des premiers importe peu face à leur désir de réussite et de reconnaissance en tous domaines. La découverte de cette partie de la société et la précision de l'enquête de l'inspecteur de Scotland Yard vont pousser ce dernier à chercher l'Eventreur parmi les hauts placés. Ses crimes ne sont pas anodins, ils sont rituels, calculés, chargés de sens. En s'opposant à sa hiérarchie, il renforce ainsi son image "rebelle", finalement plus très surprenante pour Johnnt Depp qui s'en acoutumerait presque, bien qu'il soit toujours aussi excellent.


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Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /2008 00:32

     Une image du cinéma américain qui pourrait paraître bien loin de ce qu'il est devenu, mais qui au final n'est pas sans rappeler une Jennifer Aniston, capable de dépenser des milliers de dollars hebdomadaires pour rester "parfaite", ou un jeune Brad Pitt cherchant à se faire connaître en accumulant petits boulots et publicités avant de pouvoir afficher sa belle gueule sur grand écran.

     Pour son premier long métrage, Allen Coulter, à qui l'on doit certains épisodes des Sopranos ou de Sex and the city, s'attaque à l'industrie cinématographique américaine des années 50. Georges Reeves (Ben Affleck), célèbre interprète des Aventures de Superman pour la télévision, a été retrouvé mort d'une balle dans la tête chez lui, le 16 juin 1959. A cette mort, trois scénarios possibles : suicide, meutre passionnel, contrat de la mafia. Connue pour être l'un des grands mystères d'Hollywwod, cette affaire ne sera jamais résolue, malgré l'acharnement d'un détective privé, Louis Simo (Adrian Brody) et des médias. La mort de Reeves a été un véritable choc pour les télespectateurs américains qui avaient trouvé en lui l'étoffe d'un héros. Seulement ce n'est pas de ça dont il rêvait. Celui qui avait pourtant décroché son premier rôle dans le célébrissime Autant en emporte le vent de Victor Fleming en 1950 rêvait de grand écran, même si le costume bleu à cape rouge lui collera à la peau pour toujours. Ben Affleck, récompensé du prix d'interprétation à la Mostra de Venise en 2006 pour ce rôle, explique : "Ce qui m'a plu dans cette histoire, c'est le contraste entre la frustration et la tristesse du personnage et la vision qu'en avait le public qui le jugeait chanceux". Paul Bernbaum, scénariste du film, décrit lui-même la vie de Reeves comme "incroyable, fascinante et pathétique à la fois. Je voulais témoigner de la gêne qu'il éprouvait à être Superman et de l'exceptionnel impact que ce rôle a eu sur ses fans. Voilà un acteur qui veut devenir une star et qui devient encore plus célèbre que ce qu'il aurait pu imaginer, mais seulement aux yeux des enfants. Malgré sa frustration de n'être que Superman, malgré le frein que ce rôle représentait pour sa carrière, il a toujours reconnu la place qu'il occupait dans le coeur de millions de gamins. Il ne les a jamais abandonnés. Pour eux, c'était lui, Superman ! Et pour moi, cela fait de Reeves un authentique héros ".

     L'intérêt du film réside autant dans son portrait de ceux qui ont fait Hollywood à la moitié du siècle, que dans sa façon de nous montrer l'envers du décor. Sous les trait du détective campé par un Adrian Brody totalement convaincant, le spectateur observe des acteurs en mal de popularité ou prêts à tout pour obtenir ne serait-ce qu'un strapontin dans le grande salle hollywoodland, dernière marche à gravir pour enfin être en haut de l'affiche. Face à eux, les magnas du cinéma, dont le directeur de la MGM de l'époque, Eddie Mannix (Bob Hoskins), presque mafieux et inataquable, comme régnant sur le monde de la péllicule. 

     Et on s'y croirait ! Loin du film tout beau tout rose, Allen Coulter nous plonge dans un univers plus sombre, où tous les détails ont leur importance. Les vêtements, les musiques, et même les bouteilles de Coca-Cola comme on les voyait dans les publicités de l'époque. Quelques références historiques pour pimenter le tout, notamment lorsque Diane Lane, incarnant la maîtresse de Georges Reeves, Toni Mannix, menace Ben Affleck d'un "je dirai que tu est communiste, homosexuel et alcoolique". Un petit clin d'oeil au maccartysme qui bouscula la vie californienne, black-listant de nombreux personnalités soupçonnées d'être pro-soviétiques en ces temps de Guerre Froide. Adrian Brody, dont l'enquête alterne entre reconstitution de la vie de Reeves et problèmes personnels, allie avec facilité nonchalance, classe et arrogance.

     Interprétations unanimement brillantes pour deux heures, parfois trop longues, il faut le reconnaître, de questionnements. Jusqu'où peut-on aller pour obtenir ce dont on rêve? Le succès, mais à quel prix?

                                                                                                                                                                        Bande-annonce

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Mercredi 6 août 2008 3 06 /08 /2008 13:33

Ou l'utopie de pouvoir se créer un monde virtuel à l'image de nos envies.

David Cronenberg quitte l'univers fantastique de La Mouche, l'un de ses grands succès, pour nous emmener dans celui des jeux video. Oui mais des jeux video pas comme les autres. 

Dans un futur proche, Allegra Geller (Jennifer Jason Leigh) est une créatrice de jeux d'un autre genre : les « pods » qu'elle a inventés sont en fait des œufs d'amphibiens fécondés, chargés d'ADN synthétique. Le tout est connecté directement au système nerveux du joueur via un « ombicâble », sorte de cordon ombilical torsadé et branché sur un « bioport » implanté dans sa colonne vertébrale. Le jeu est donc alimenté par le système nerveux de la personne qui s'y connecte, utilisant son métabolisme et son énergie corporelle. Lors de la présentation de son nouveau bébé devant une poignée de fanatiques, un tireur tente de d'abattre la créatrice et un stagiaire en marketing, Ted Pikul (Jude Law) lui permet de s'échapper. En fuite, Allegra en profite pour initier Ted à sa réalité virtuelle, qu'il fuyait par-dessus tout. S'en suivent des allers-retours entre fiction et réalité, jusqu'à perdre le spectateur et brouiller les pistes entre les mondes.  

Les quelques rebondissements sont assez prévisibles. On sait dès le début que la grande prêtresse du virtuel va embarquer son compagnon de fuite dans son imaginaire. Le film démarre sur une ambiance très sacralisée, dans une pièce ressemblant étrangement à une petite église. Pas très étonnant puisque la plupart des personnages principaux vouent un véritable culte à cette nouvelle génération de jeux. Une société où tous ne vivent que dans l'attente de pouvoir se laisser aller dans un univers virtuel accueillant leur moindre désir, leur permettant d'assouvir toutes leurs pulsions. Le joueur fait évoluer le scénario en fonction de sa personnalité. Vision futuriste des trouvailles actuelles? Le réalisateur livre ici une critique évidente d'une société accordant trop de place au virtuel, transformant les hommes en esclaves de leur réalité virtuelle.

Pour créer ce monde, David Cronenberg a choisi de ne pas nous plonger dans une masse d'effets spéciaux mais de privilégier l'imagination du téléspectateur. Dans eXistenZ, ni ordianteurs, ni télévisions, ni téléphones, pas même une montre. Il explique : « Je voulais un monde qui captive le spectateur et l'arrache quelque temps à la réalité. Même si les gens ne remarquent pas l'absence de tels objets, celle-ci contribue au climat d'étrangeté du film. Plutôt que de recourir aux astuces habituelles du cinéma de Science-Fiction, qui consistent à ajouter des choses étiquetées "futuristes", j'ai procédé par soustraction. »

On regrettera des passages qui forcent trop sur le côté sanguinolent et anatomique des bestioles disséquées. Cependant les plans sont parfois intéressants, laissant place à l'expression des personnages et accentuant la bizarrerie de l'univers dans lequel ils se trouvent. Jennifer Jason Leigh semble parfaitement à l'aise sous les traits d'une célébrité complètement loufoque, incompréhensible et accro à son propre jeu. Jude Law quant à lui, même s'il n'était pas encore la star internationale que l'on connaît aujourd'hui mais révélé deux ans auparavant dans Bienvenue à Gattaca d'Andrew Niccol (1998), convainc dans son rôle de garde du corps malgré lui, un peu coincé et à l'allure juvénile rappelant parfois son rôle de Gigolo Joe dans A.I. de Steven Spielberg.

 La bande-annonce

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Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /2008 15:26

 

La sélection officielle du festival du cinéma américain de Deauville a enfin été dévoilée. Une chose est sûre : la manifestation mettra en compétition des films américains indépendants et laissera les avant-premières aux grosses productions. Le jury sera cette année présidé par Carole Bouquet, assistée entre autres d'Edouard Baer ou Cristian Mungiu, lauréat de la récompense suprême cannoise en 2007 pour son Quatre mois, trois semaines, deux jours.

Coup d'envoi du festival programmé avec Mamma Mia, projetant Meryl Streep, Pierce Brosnan et Colin Firth dans l'univers de la comédie musicale. L'adaptation de la pièce à succès était déjà deuxième au classement du box-office américain dès le premier week-end d'exploitation grâce aux titres disco du groupe ABBA.

Onze longs-métrages seront en compétition, dont Smart People réalisé par Noam Murro qui a mis devant sa camera la fashionista Sarah Jessica Parker. Elle y espère sans doute une reconnaissance lui permettant de se détacher du personnage de Carrie Bradshaw de Sex and the City. Mais aussi Afterschol d'Antonio Campos ou Towel Head de Alan Ball avec Aaron Eckhart (Thank you for smoking).

Parmi les avant-premières attendues, on compte bien sûr le nouveau Spike Lee, Miracle à Santa Anna, et L'Echange, de Clint Eastwood.

Pour sa 34ème édition, le célèbre festival promet un défilé de stars sur la Croisette normande. Retour sur les Planches prévu du 5 au 14 septembre 2008.

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Jeudi 17 juillet 2008 4 17 /07 /2008 12:21

 

On espérait un début de piste, une partie d'explication ou quelque chose. Rien. Quel est l'intérêt de ce film ? La question reste sans réponse.

On se retrouve parachutés dans un patelin on se sait où, qui ne vit que pour la prochaine édition de son festival de la tarte à la vache. Entre des flics flémards, une chanteuse qui aimerait sortir de ce trou, son fiancé qui vient de s'évader de prison pour la rejoindre et un garagiste qui torture son propre chien, beau casting pour un film qui aurait pu être déjanté. Déception.

A part Jean-Pierre Marielle égal à lui-même, les autres font pâles figures. Vanessa Paradis ne s'illustre (même convaincante) que dans quelques apparitions chantées, alors que Benoît Poelvoorde nous livre une pauvre caricature de dragueur collant. On a l'impression que le scénariste a inventé cette histoire pour tenir un pari. Et puis pourquoi pas leur coller des machines volantes qui trucident tout le monde sans raison et sans leur expliquer pourquoi, ça donnera des rebondissements. Mouais.

Résultat : un bain de sang inexplicable, un film surfait et sans intérêt. Même les cinq minutes de fin ne nous permettent pas de comprendre le délire de Didier et Thierry Poiraud. A jeter.


Teaser

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Mardi 15 juillet 2008 2 15 /07 /2008 13:13

Dans Independence Day, Will Smith incarnait un flic et sauvait le monde des extraterrestres. Dans I, Robot, il sauvait le monde de robots rebelles et meurtriers. Et plus récemment dans Je suis une légende, on le retrouvait seul d'une New-York infectée par la peste et unique espoir de sauver l'humanité. Alors pour changer, le Prince de Bel Air, cette fois, sauve les gens !


Hancock est un superhéros. Oui mais un superhéros pas comme les autres. On n'imagine pas Superman bougonner en allant secourir une jeune fille ou Spiderman arriver complètement ivre, une bouteille à la main, pour prêter main forte à la police. C'est pourtant le quotidien de John Hancock, héros malgré lui. Il ne sait pas vraiment qui il est, s'étant réveillé sur un lit d'hôpital doté de superpouvoirs venus de nulle part. Avec un sérieux penchant pour l'alcool et pas vraiment adepte de la douche matinale, il vient en aide mais uniquement parce qu'il en a le don, sans accorder la moindre importance aux conséquences de ses actes et aux dégats matériels qu'il provoque à chaque sauvetage. Résultat : les habitants, même s'ils lui sont reconnaissants, le détestent et le lui font savoir. Un héros pas comme les autres donc. C'était sans compter sur la détermination de Ray (Jason Bateman), chargé de relations publiques, qui va se lancer le défi de faire d'Hancock un citoyen respectueux et respecté.


Scène d'entrée plutôt directe pour une mise en bouche finalement peu représentative du film. Une déferlante d'effets spéciaux, des voitures qui tournent comme des boomerangs et pas moins de trois semaines de tournages rien que pour cette première séquence. Mais heureusement, le nouveau film de Peter Berg va approfondir le personnage. Le réalisateur américain à la double carrière d'acteur (21 Jump Street, Alias, Collatéral) et de réalisateur (Very bad things en 1999, Le Royaume en 2007) se lance le défi d'humaniser son héros et de le rendre beaucoup plus vulnérable que ses pairs ont pu l'être. Le personnage est plus humain, plus vulnérable qu'on pourrait le penser ; et même si le film est classé «action », la part belle est faite aux émotions.


Renforcé par une caméra livrant des plans inattendus dans les films du genre, forçant sur les gros plans, cachant une partie du visage du protagoniste ou mettant en lumière les personnages secondaires qui vont aider notre héros à se construire, le jeu de Will Smith est totalement crédible. A la fois drôle, émouvant, classe, imposant, il se glisse à merveille dans la peau de Hancock. Acteur multi-genres, il endosse chacun des personnages qu'il incarne avec une facilité et une justesse déconcertante. Charlize Theron, autre star du blockbuster, dont on taira le rôle pour ne pas dévoiler un des éléments majeurs du suspense du scénario, ne déçoit pas non plus, Bien que souvent cantonnée à des rôles différents de celui de Mary, elle allie force de caractère et émotion.

 

A mi-chemin entre X-men et Hulk, sans oublier des plans qui rappellent étrangement un certain Spiderman se baladant d'immeuble en immeuble, Hancock tient toutes ses promesses. Sur fond de rap (on a eu peur de valser entre électro et country à cause de la scène d'ouverture), il nous embarque dans sa quête d'identité et de reconnaissance. Une phrase, une seule, pour comprendre le phénomène : « Traite-moi encore une fois de sale con, juste une fois pour voir ».

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Par Elodie - Publié dans : Critiques - Communauté : Vos critiques de cinéma
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