On pourrait résumer cette comédie loufoque par : comment des gens « bouleversants de connerie »
peuvent contribuer à l’amélioration de notre patrimoine génétique ?
Michael Burrows est profiler. Autrement dit, son job consiste à établir le profil psychologique des tueurs en série grâce aux indices qu’ils laissent ou à la façon dont ils procèdent. A cela près que Burrows est hémophobe, il s’évanouit à la vue d’une simple goutte de sang. Personnage atypique. Mettez sur sa route une experte en assurances pour le moins énergique et décidée, Siri, vous obtenez un duo détonnant pour un aller simple vers l’absurde.
Malgré cette image déjantée, le premier film de Finn Taylor, réalisé en 2006, est loin d’être indigeste. Le couple, interprété par Joseph Fiennes et Winona Ryder, part sur les traces de personnes mortes accidentellement dans des circonstances curieuses, dont on se dit à première vue qu’il faut être débile ou complètement inconscient pour avoir de tels comportements. C’est d’ailleurs pour cette raison que notre profiler s’intéresse à leurs cas, passionné qu ‘il est par les Darwin Awards, récompense attribuée aux morts les plus stupides.
Originalité : Burrows est censé être suivi par un journaliste, qui réalise un documentaire sur lui. Le spectateur se retrouve ainsi à la place du cameraman, ce qui donne une impression de réel et de vraiment prendre par à leurs péripéties. Le film est entrecoupés de reconstitutions des morts sur lesquelles notre duo enquête, ce qui le rend encore plus drôle et vivant et, il faut le reconnaître, empêche au spectateur de s’ennuyer. Entre situations improbables et dialogues inspirés, pas de quoi s’ennuyer. Il fallait y penser !
« Le disco c'est la musique du cœur » dixit Didier Travolta, alias Franck Dubosc. En tout cas, ça n'est pas le film du siècle ! Après
Camping, le duo Dubosc / Onteniente s'essouffle. La première collaboration avait été assez drôle, quoique pas franchement à la hauteur de ce qu'on pouvait attendre ; la deuxième est
plutôt ratée. Reposant encore une fois sur un personnage de Franck Dubosc, en l'occurrence le ringard que l'on trouve dans ses Pour toi public, la formule ne marche plus. A trop vouloir
profiter du filon, les répliques ne sont plus surprenantes et les situations deviennent prévisibles. C'est surfait, lent, stéréotypé. Didier Travolta, ex-super danseur de disco au Havre, looser
par excellence, inséparable de son caddie à roulettes et qui à 40 ans vit encore chez Maman, veut gagner un concours avec son trio des Bee Kings comme à ses 20 ans pour offrir des vacances à son
fiston. Admettons que le comique du film ne repose pas sur le scénario, ça on le savait. Mais Annie Cordy ne convainc pas, Christine Citti n'évolue pas et surtout, on a du mal à trouver
Emmanuelle Béart impressionnante, ou ne serait-ce que convaincante dans son rôle de professeur de danse classique. Seul le couple Depardieu/Nanty peut faire illusion en poussant à l'extrême un
côté kitch à souhait. Sans compter que les quelques passages qui pourraient faire rire se trouvent déjà dans la bande-annonce et que les guests (on vous laisse la surprise) n'apportent rien au
film.
Autre point commun et non des moindres : des personnages secondaires toujours indispensables. Qu'il s'agisse des parents de Scott dans Strictly
Ballroom, de l'entourage des jeunes amants dans Romeo + Juliet ou des créatures de Moulin Rouge ! , ils ne sont jamais ce que l'on croit. Derrière leur image faussement
exagérée et une personnalité envahissante, ce sont aussi eux qui portent le film et lui donnent son sens. Que serait Roméo sans Mercutio ? Et Satine sans Zidler ? La plupart du temps proches des
héros, ce sont eux qui les comprennent vraiment et font d'eux ce qu'ils sont. Projetés dans des univers colorés, bruyants, toujours en mouvement ou presque, les personnages de Luhrmann sont plus
que mis en valeur, à l'image d'un Romeo + Juliet qui révéla Claire Danes et confirma DiCaprio avant le buzz de Titanic.
12,5 millions de spectateurs, c'était le dernier chiffre de la semaine. Alors que son réalisateur en espérait 2 à 3 pour être heureux. Succès phénoménal, inattendu, une claque pour Astérix, une
vague ch'ti mie dans toute la France qui n'a jamais rendue les nordistes aussi fiers de l'être. Les plus jeunes font leur baptême du cinéma et les anciens y retournent après avoir déserté les
salles obscures pendant des années. Il se dit même que les ventes de maroilles augmentent en France ! Restent à remplacer les panneaux de la ville de Bergues que des fanatiques auront piqué,
façon Marly-Gaumont.
Julie Depardieu