Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /Juil /2009 20:17


     Michel Mann aime les personnages complexes, ceux dont il peut explorer à loisir les limites et la personnalité. Face à celle de John Dillinger, on reste difficilement de glace. L’homme a été surnommé "l’ennemi public numéro 1" par le chef du FBI, John Edgar Hoover, dans les années 1930. Son créneau ? Le braquage de banque. Mais plus qu’un hobbie ou une vocation, cela semble aussi être une manière de vivre, un moyen d’exprimer sa personnalité. Il aime les belles femmes, les voitures rapides, les armes à la pointe de la technologie. Il ne laisse rien au hasard, met tout au service de ce qu'il entreprend. Il demandait même à être placé, lors de ses différents séjours, dans les prisons les plus connues du pays, pour pouvoir côtoyer le « gratin » dans son domaine et s’entourer des meilleurs.

 

     Un personnage que Johnny Depp a manifestement incarné avec plaisir. Moins grimé que dans nombre de ses précédents films, celui-là ne reste pas moins en costumes d’époque mais Depp ne peut presque pas se reposer sur le look de Dillinger, à part peut-être les lunettes (de vue ou de soleil) qu’il collectionne. On le sent plutôt à l’aise sous les traits d’un gangster à la fois dangereux et respectueux. Il use à juste dose de ce sourire en coin qu’on finit par trouver de plus en plus expressif, presque perturbant, au fur et à mesure que le film avance. Même si après une petite heure, on se demande vraiment s’il avance.

 

     Heureusement, cela ne durera pas. La deuxième partie du film montre un bandit de plus en plus remis en question. Deux raisons à cela. La première, évidente : on a mis sur sa trace l’agent le plus déterminé du FBI, Melvin Purvis. Soit dit en passant, Christian Bale est toujours aussi insipide, même en faisant des effets de manteau et avec un fusil à pompe au bout du bras. Pas d’expression, pas de jeu exceptionnel. On s’ennuie quand il est là, autant que dans Batman. La deuxième chose qui va bouleverser l’existence de Dillinger est bien sûr sa rencontre avec Billie Frechette, campée par Marion Cotillard. Convaincante, assurément. On regretterait presque de ne pas la voir davantage à l’écran tant le couple qu’elle forme avec Depp est fort. Pas vraiment Bonny and Clyde puisqu’elle le suit plus qu’autre chose. Un peu plus Sailor et Lula, dans le côté instantanément inconditionnel qu’ils donnent à leur histoire d’amour. 

                                                         

     Mais attention, pas de scènes à l’eau de rose ! Les dialogues sont directs, plutôt tranchés. Ils vont droit au but, comme la manière de filmer de Michael Mann. 2h30 où le réalisateur s’amuse avec sa caméra numérique à capturer un maximum de gros plans de ses acteurs. Parfois à un tel point qu’on voit le maquillage et les pores de leur peau. Mais on s’en accommode vite puisqu’ils alternent avec des scènes d’action plutôt musclées. Beaucoup de mouvement (et de balles !!!). Le passage de nuit dans la forêt est par ailleurs particulièrement réussi car Mann arrive à alterner images presque tremblantes et plans fixes, ne figeant l’action que si nécessaire pour mieux accentuer le suspense. Il fait de même côté son, passant de scènes très bruyantes à certains plans pratiquement muets et au ralenti. Point trop n’en faut, il en use intelligemment.

Par Elodie - Publié dans : Critiques
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Commentaires

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Commentaire n°1 posté par dissertation help le 15/07/2009 à 12h41
j'ai vu les avis les avis les plus divers sur ce film. J'aime bcp Michael Mann et je te conseille de voir la forteresse noire du même réalisateur.
Commentaire n°2 posté par eelsoliver le 29/07/2009 à 01h08
pourquoi pas :)  j'avoue que je ne connais pas
mais tu as pensé quoi de Public Enemies?
Réponse de Elodie le 29/07/2009 à 16h50
il a été chroniqué sur le ciné d'olivier par clash mais je ne l'ai pas encore vu. Sinon tu retrouveras la critique de la forteresse noire sur le blog ds le sommaire des films, lettre F.
Commentaire n°3 posté par eelsoliver le 29/07/2009 à 16h56
J'ai quand même été assez décue par ce film que j'ai trouvé inégal. Le scénario manquait de rebondissements, voire était relativement faible par moments. La scène où Billy Frechette rejoint John Dillinger habillée en homme est tout simplement grotesque : à aucun moment le spectateur ne sait comment elle et Dillinger ont préparé ce plan tout en étant surveillés de très près, ni comment elle a réussi à sortir de son appartement sans être vue par les flics. Tout laisse à penser que Mann lui-même ne savait pas répondre à ces questions et a donc, par paresse, laissé le spectateur dans le doute.D'autant plus qu'il avait auparavant lourdement insisté sur la détermination de Bale à attraper Dillinger et sur son soucis des détails ; comment alors aurait-il pu négliger une seule des issues de secours de l'immeuble de Fréchette ou même une rue adjacente(comme par hasard celle où attend Dillinger)? Le scénariste se permet donc d'être précis pour les aspects les plus basiques de l'histoire et laisse de grands vides quand il faut faire preuve de beaucoup plus d'inventivité et de subtilité.
J'ai également trouvé la manière de filmer très mauvaise. On a l'impression que M. Mann enchainait les plans "agités" pour cacher certains défauts du film et essayer de lui donner le rythme qui lui manquait de par les faiblesses du scénario.
En clair, un film très flou, dont le parti pris du réalisateur est difficile à définir. Et surtout, on est loin d'un Clint Eastwood, qui a parfaitement compris que ce genre de films nécessite à la fois de la simplicité (pour les scènes d'action, qui doivent être fluides et sans effets tappe-à-l'oeil) et de la subtilité (pour que le scénario soit crédible et tienne en haleine le spectateur).
Commentaire n°4 posté par Carole H le 10/08/2009 à 16h01
j'adore tes commentaires à rallonge! :)
je suis d'accord pour les faiblesses du scénario, notamment l'exemple que tu as choisi
mais pas d'accord pour la façon de filmer, moi j'ai adoré!
Réponse de Elodie le 13/08/2009 à 18h21
Mon but n'est pas de casser du Mann, mais je trouve souvent les films de ce réalisateur assez vains (Le Sixième Sens me laisse quelque peu dubitatif). Public Enemies n'est rien de plus qu'un vague exercice de style pour moi ; un exercice de grande classe peut-être, mais vraiment creux et qui n'apporte rien. Loin d'être un classique du genre comme une part des "cinéphiles" l'affirme, à mon humble avis.
Commentaire n°5 posté par pinksataniste le 24/08/2009 à 14h24
Je suis d'accord avec Pinksataniste à propos de Public ennemies (je n'ai pas vu les autres films de Mann). Par contre, le 6e sens est de Shyamallan, et non de Mann.
Commentaire n°6 posté par Carole H le 28/08/2009 à 12h08
Non, je faisais référence au Sixième sens ou intervient l'acteur principal de la série "les Experts", et qui est le premier de la saga Hannibal Lecter.
Commentaire n°7 posté par pinksataniste le 30/08/2009 à 19h06

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