Il était une fois en France, sous l’occupation nazie… Un titre que Quentin Tarantino aurait pu donner à son nouveau film (il n’en sera que le premier chapitre). L’idée du
réalisateur américain ? Une série d’une dizaine d’épisodes sur la Seconde Guerre Mondiale. C’était sans compter sur l’intervention de son pote Luc Besson. Pas une bonne idée a dit le
monsieur. Pas envie d’attendre des années pour voir ton prochain film. Résultat, Quentin s’est remis à l’écriture dès le lendemain pour accoucher de ses fameux Basterds. Et on l’en
remercie.
Evidemment, on reconnaît en quelques secondes que c’est du Tarantino tout craché. Film découpé en chapitres n’ayant pas toujours une suite logique, à première vue. Sans oublier une BO inimitable. Mais le plus décevant aurait été de se retrouver devant des personnages qui manquent de saveur. Rassurez-vous, on est servis ! Surtout grâce au doublé Waltz/Pitt absolument délicieux. L’un campe le « chasseur de Juifs », envoyé par le Fürher dans les campagnes françaises pour traquer la moindre résistance. Il est drôle et inquiétant à la fois, passant d’une humeur fantasque à une cruauté terrifiante en quelques dixièmes de seconde. Une vraie source de stress pour le réalisateur américain qui aura longtemps cherché son acteur polyglotte si parfait et tant désiré avant de mettre la main sur Christopher Waltz. Une interprétation magistrale qui lui aura valu le prix d’interprétation masculine à Cannes en mai dernier. Face à lui, un Brad Pitt plutôt efficace en scalpeur de nazis charismatique, violent et incisif. Il se glisse ici dans la peau d’Aldo Raine, fort en discours dès sa première apparition à l’écran où il « motive » ses recrues. On est à la limite de la caricature, il faut l’avouer, mais le côté moustache, gueule cassée et répliques cinglantes a le mérite de convaincre. Ses acolytes méchamment inquiétants aident beaucoup. Mais les Basterds, non qui leur est donné par les allemands, ne font pas le film à eux seuls.
Comme toujours, Quentin Tarantino alterne entre violence et silences pesants. Le chapitre 1 par exemple est d’une lenteur folle. Pourtant, il nous tient en haleine de la première à la dernière seconde, tout comme le chasseur de Juifs aime jouer avec les nerfs des gens qu’il a face à lui. Pendant de longues minutes, on ne change pas de valeur de plan, tant que lui n’a pas décidé d’affirmer qu’il sait que des Juifs se cachent dans la maison. Tarantino finit par enfin nous accorder un gros plan pour découvrir la réaction difficile à contenir du paysan français. Mais que les fans se rassurent, on trouve notre compte de balles, gorges tranchées, scalpes et autres couteaux plantés.
La vengeance juive, personnalisée par deux parcours, puisque parallèlement au projet fou des bâtards, on retrouve Shoshanah Dreyfus, dont la famille a été massacrée par le Chasseur, en directrice d’un cinéma et assoiffée de vengeance. Mélanie Laurent est toute en silences (un peu trop même) et en retenue. Elle avait d’ailleurs raconté que pendant le tournage, Tarantino l’avait fait poireauté plusieurs jours d’affilée avant de la faire tourner, histoire d’être sûr qu’elle soit bien énervée quand elle aurait enfin le droit de jouer. On cherche encore la scène dans laquelle elle est « ultra énervée » mais bon pourquoi pas…
Pour un premier film historique, le pari était assez élevé. Faire rire tout en exposant la réalité brutale et cruelle de la guerre. Cela donne au final quelques scènes d’anthologie, avec des personnages aux comportements improbablement décalés par rapport à leur situation. Il sort quand le prochain Tarantino déjà ?
Michel Mann aime les personnages complexes, ceux dont il peut
explorer à loisir les limites et la personnalité. Face à celle de John Dillinger, on reste difficilement de glace. L’homme a été surnommé "l’ennemi public numéro 1" par le chef du FBI,
Vous avez difficilement pu passer à côté... On a entendu parler de lui dans tous les médias depuis un mois.
son sujet. Il a par exemple utilisé le véritable apartement dans lequel Harvey Milk habitait à San Francisco pour y
tourner ses scènes. De même, il a retrouvé la boutique que Milk avait ouverte, Castro Camera, et a demandé aux actuels occupants s'il pouvait utiliser leurs locaux pendant 9 semaines!
dans son laisser-aller. Quand à Catherine Deneuve, elle n'est qu'une pâle copie de l'imbuvable Miranda
Priestly, incarnée à merveille par Meryl Streep dans le Diable s'habille en Prada.
Dreams are my
reality... ok, les ados ne font peut-être plus vraiment de boums l'après-midi, volets fermés à boire du coca, et ils ne posent certainement plus du Richard Sanderson sur les platines
pour emballer les filles... Non, aujourd'hui les ados sont fashion, ils portent des jeans moulants, des Converses ou des talons, ont plein de cheveux plein la tête comme les BB
Brunes et font de la musique avec un groupe de potes. Aujourd'hui les ados fument tous du shit, boivent de l'alcool, organisent des soirées dans le dos de leurs parents, droguent leurs
surveillants au somnifère et font le mur en pleine semaine pour sortir en boîte dans Paris.
On avait laissé Danny Boyle au bord d'une plage paradisiaque. Mais comme le réalisateur américain n'est pas à un changement de cap près... il nous donne cette
fois rendez-vous dans les bidons-villes indiens de Mumbai.
commence à s'impatienter sur le résultat final! L'acteur Dev Patel,
qui incarne Jamal jeune adulte, est parfois émouvant, mais souvent trop fade, sage et inanimé. Dommage quand on le compare aux jeunes comédiens qui incarnent le même rôle plus jeune. Eux
sont étonnants.
Dans la
famille Bond, je choisis Craig. Daniel Craig. 6ème Bond de l'Histoire, qui endosse une deuxième fois le costume de 007 pour le 22ème épisode des aventures de l'espion so British. On avait douté
de lui au moment d'endosser le rôle mythique pour Casino Royale, sa prestation s'était révélée tout à fait digne de ses prédecesseurs : Sean Connery, Roger Moore, George Lazenby, Timothy Dalton
et Pierce Brosnan. Mais il avait indéniablement chamboulé les fondementaux et continue sur cette fois dans Quantum of Solace. Un titre qui en a surpris plus d'un.
Plus complexe et surtout plus mystérieux dans ses interprétations. Michael G. Wilson, producteur, explique :
méchants, les trahisons, l'humour... Mais trop peu d'humour! Avec Craig, Bond perd un peu de le flegme britannique qui était sa marque de fabrique sous
les traits de ses autres interprètes. Ici, l'espion devient davantage un Jack Bauer ou un Jason Bourne. Une évolution au final plutôt réussie puisqu'elle s'inscrit dans une évolution suivie
des cascades de plus en plus spectaculaires et des méchants sans doute plus crédibles, moins caricaturaux.
Enfin, last but not least, n'oublions pas le plus important, notre blondinet! Dans ce
nouvelle opus, Bond n'est pas vraiment "fun". Alors oui, il a perdu Vesper, la seule femme qu'il ait jamais aimée, oui elle l'a trahi, oui il souffre... mais il pourrait au moins sourire de temps
en temps non? Il tue de sang froid, sans le moindre regret, ne prennant même pas le temps de réfléchir aux conséquences de ses actes. Heureusement, Daniel Craig a bien suivi ses cours de baston
et nous offre quelques scènes plutôt physiques et mémorables, presque trop rares dans un film qui commence très intensément pour échouer dans une séquence finale un peu décevante. Yeux bleus et
costume toujours impécable, même quand sa partenaire féminine finit en robe déchirée après une course en avion (si si!!!!), Craig incarne un nouveau James Bond mais semble s'y attacher, et nous
aussi!
Woody Allen continue son épopée européenne, quittant l'Angleterre grise des hautes sphères et des arrivistes pour une capitale catalane haute en
couleurs et en personnalités.
femmes en général. Tout comme Diane Keaton ou Mia Farrow, il semble trouver en celle que tous
qualifie de nouvelle égérie, les qualités qu'il cherche chez toutes ses actrices. "Ce n'est pas elle qui m'inspire mes films" précise le réalisateur. Mais il ne tarie pas d'éloges sur la
plantureuse blondinette : "C'est une grande actrice, elle est belle, elle est sexy. Elle peut tout jouer, être drôle, tragique, compliquée. C'est un rêve de réalisateur".
Impossible de passer à côté de la surprenante Palme d'Or qui aurait ému aux larmes et séduit à l'unanimité le prestigieux jury du