Critiques

Jeudi 17 septembre 2009

     
     Il était une fois en France, sous l’occupation nazie… Un titre que Quentin Tarantino aurait pu donner à son nouveau film (il n’en sera que le premier chapitre). L’idée du réalisateur américain ? Une série d’une dizaine d’épisodes sur la Seconde Guerre Mondiale. C’était sans compter sur l’intervention de son pote Luc Besson. Pas une bonne idée a dit le monsieur. Pas envie d’attendre des années pour voir ton prochain film. Résultat, Quentin s’est remis à l’écriture dès le lendemain pour accoucher de ses fameux Basterds. Et on l’en remercie.

 

     Evidemment, on reconnaît en quelques secondes que c’est du Tarantino tout craché. Film découpé en chapitres n’ayant pas toujours une suite logique, à première vue. Sans oublier une BO inimitable. Mais le plus décevant aurait été de se retrouver devant des personnages qui manquent de saveur. Rassurez-vous, on est servis ! Surtout grâce au doublé Waltz/Pitt absolument délicieux. L’un campe le « chasseur de Juifs », envoyé par le Fürher dans les campagnes françaises pour traquer la moindre résistance. Il est drôle et inquiétant à la fois, passant d’une humeur fantasque à une cruauté terrifiante en quelques dixièmes de seconde. Une vraie source de stress pour le réalisateur américain qui aura longtemps cherché son acteur polyglotte si parfait et tant désiré avant de mettre la main sur Christopher Waltz. Une interprétation magistrale qui lui aura valu le prix d’interprétation masculine à Cannes en mai dernier. Face à lui, un Brad Pitt plutôt efficace en scalpeur de nazis charismatique, violent et incisif. Il se glisse ici dans la peau d’Aldo Raine, fort en discours dès sa première apparition à l’écran où il « motive » ses recrues. On est à la limite de la caricature, il faut l’avouer, mais le côté moustache, gueule cassée et répliques cinglantes a le mérite de convaincre. Ses acolytes méchamment inquiétants aident beaucoup. Mais les Basterds, non qui leur est donné par les allemands, ne font pas le film à eux seuls.

 

     Comme toujours, Quentin Tarantino alterne entre violence et silences pesants. Le chapitre 1 par exemple est d’une lenteur folle. Pourtant, il nous tient en haleine de la première à la dernière seconde, tout comme le chasseur de Juifs aime jouer avec les nerfs des gens qu’il a face à lui. Pendant de longues minutes, on ne change pas de valeur de plan, tant que lui n’a pas décidé d’affirmer qu’il sait que des Juifs se cachent dans la maison. Tarantino finit par enfin nous accorder un gros plan pour découvrir la réaction difficile à contenir du paysan français. Mais que les fans se rassurent, on trouve notre compte de balles, gorges tranchées, scalpes et autres couteaux plantés.

 

     La vengeance juive, personnalisée par deux parcours, puisque parallèlement au projet fou des bâtards,  on retrouve Shoshanah Dreyfus, dont la famille a été massacrée par le Chasseur, en directrice d’un cinéma et assoiffée de vengeance. Mélanie Laurent est toute en silences (un peu trop même) et en retenue. Elle avait d’ailleurs raconté que pendant le tournage, Tarantino l’avait fait poireauté plusieurs jours d’affilée avant de la faire tourner, histoire d’être sûr qu’elle soit bien énervée quand elle aurait enfin le droit de jouer. On cherche encore la scène dans laquelle elle est « ultra énervée » mais bon pourquoi pas…

 

     Pour un premier film historique, le pari était assez élevé. Faire rire tout en exposant la réalité brutale et cruelle de la guerre. Cela donne au final quelques scènes d’anthologie, avec des personnages aux comportements improbablement décalés par rapport à leur situation. Il sort quand le prochain Tarantino déjà ?

Par Elodie
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Jeudi 9 juillet 2009


     Michel Mann aime les personnages complexes, ceux dont il peut explorer à loisir les limites et la personnalité. Face à celle de John Dillinger, on reste difficilement de glace. L’homme a été surnommé "l’ennemi public numéro 1" par le chef du FBI, John Edgar Hoover, dans les années 1930. Son créneau ? Le braquage de banque. Mais plus qu’un hobbie ou une vocation, cela semble aussi être une manière de vivre, un moyen d’exprimer sa personnalité. Il aime les belles femmes, les voitures rapides, les armes à la pointe de la technologie. Il ne laisse rien au hasard, met tout au service de ce qu'il entreprend. Il demandait même à être placé, lors de ses différents séjours, dans les prisons les plus connues du pays, pour pouvoir côtoyer le « gratin » dans son domaine et s’entourer des meilleurs.

 

     Un personnage que Johnny Depp a manifestement incarné avec plaisir. Moins grimé que dans nombre de ses précédents films, celui-là ne reste pas moins en costumes d’époque mais Depp ne peut presque pas se reposer sur le look de Dillinger, à part peut-être les lunettes (de vue ou de soleil) qu’il collectionne. On le sent plutôt à l’aise sous les traits d’un gangster à la fois dangereux et respectueux. Il use à juste dose de ce sourire en coin qu’on finit par trouver de plus en plus expressif, presque perturbant, au fur et à mesure que le film avance. Même si après une petite heure, on se demande vraiment s’il avance.

 

     Heureusement, cela ne durera pas. La deuxième partie du film montre un bandit de plus en plus remis en question. Deux raisons à cela. La première, évidente : on a mis sur sa trace l’agent le plus déterminé du FBI, Melvin Purvis. Soit dit en passant, Christian Bale est toujours aussi insipide, même en faisant des effets de manteau et avec un fusil à pompe au bout du bras. Pas d’expression, pas de jeu exceptionnel. On s’ennuie quand il est là, autant que dans Batman. La deuxième chose qui va bouleverser l’existence de Dillinger est bien sûr sa rencontre avec Billie Frechette, campée par Marion Cotillard. Convaincante, assurément. On regretterait presque de ne pas la voir davantage à l’écran tant le couple qu’elle forme avec Depp est fort. Pas vraiment Bonny and Clyde puisqu’elle le suit plus qu’autre chose. Un peu plus Sailor et Lula, dans le côté instantanément inconditionnel qu’ils donnent à leur histoire d’amour. 

                                                         

     Mais attention, pas de scènes à l’eau de rose ! Les dialogues sont directs, plutôt tranchés. Ils vont droit au but, comme la manière de filmer de Michael Mann. 2h30 où le réalisateur s’amuse avec sa caméra numérique à capturer un maximum de gros plans de ses acteurs. Parfois à un tel point qu’on voit le maquillage et les pores de leur peau. Mais on s’en accommode vite puisqu’ils alternent avec des scènes d’action plutôt musclées. Beaucoup de mouvement (et de balles !!!). Le passage de nuit dans la forêt est par ailleurs particulièrement réussi car Mann arrive à alterner images presque tremblantes et plans fixes, ne figeant l’action que si nécessaire pour mieux accentuer le suspense. Il fait de même côté son, passant de scènes très bruyantes à certains plans pratiquement muets et au ralenti. Point trop n’en faut, il en use intelligemment.

Par Elodie
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Samedi 2 mai 2009



     Une chose est sûre, une fois que Jean Dujardin est lancé dans ce rôle, on ne répond plus de rien. Ou plutôt si. Il le maîtrise à fond. Pas étonnant quand on sait que cet acharné de travail est capable de lire 80 fois un scénario avant d'arriver sur un plateau de tournage. Pour proposer au réalisateur les différentes facettes du personnage qu'il a testées. Oui mais le talent n'arrive pas après 80 lectures.


     Donc on prend les mêmes et on recommence. Après OSS 117, le Caire nid d’espions, le duo Dujardin – Hazanavicius se retrouve en Amérique Latine pour combattre un groupe de nazis coriaces. Et qui dit Brésil, dit forcément jolies brésiliennes. Hubert Bonisseur de la Bath est aux anges et va pouvoir confirmer (tester) son pouvoir de séduction sur la gente féminine locale.

 

     On peut affirmer sans grande hésitation que pour une fois le second opus est même meilleur que le premier. Plus mordant, plus incisif, plus osé surtout. Oser s’attaquer à l’humour juif n’est pas forcément bien perçu mais ils se lancent et ça marche! Sans doute grâce au caractère proprement insupportable de notre héros. Plus misogyne, paumé et frimeur que jamais, il porte à lui seul le film.

 
     Soyons honnêtes, ce n’est pas l’intrigue ou les personnages secondaires qui font le film. C’est Dujardin. En boots ou en caleçon de bain, sur la plage ou dans un avion prêt à se crasher, c’est lui. Dommage pour Louise Monot, plutôt convaincante, mais contrainte de s’effacer devant un rôle d’OSS démesurément efficace. Ses robes ultra courtes et ses bottes coordonnées n’auront pas suffit. Pourtant elles font partie d’un point capital : l’importance donnée aux détails. Tout est calculé, millimétré, rien n’est oublié pour nous plonger dans l’époque gaullienne de 1967. C’est une des forces du film. La capacité de l’équipe technique à combiner une ambiance sixties flamboyante, et une réalisation résolument moderne. On a ainsi droit aux scènes en voiture filmées avec un faux paysage derrière où le conducteur tourne le volant pour aller tout droit, mais aussi à un écran qui se divise en plusieurs visions simultanées.

     Il ne nous reste plus qu'à attendre un éventuel troisième volet, en espérant qu'ils osent encore et toujours plus.

Par Elodie
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Vendredi 13 mars 2009

     Vous avez difficilement pu passer à côté... On a entendu parler de lui dans tous les médias depuis un mois.

     Normal, Sean Penn est une star. Oui mais une star dont on sait pourquoi c'est une star. Sans doute parce qu'il n'a pas peur d'incarner sans cesse des personnages charismatiques et profondément différents à chaque fois. Car c'est bien le terme qui convient ici : incarner. "Interpréter un personnage au point de s'identifier à lui". Sean Penn ne joue pas Harvey Milk, il EST Harvey Milk.

     Pour sa nouvelle réalisation, Gus Van Sant s'attaque à une figure politique des années 70 : Harvey Milk. Pas facile de raconter fidèlement le parcours du premier homme politique ouvertement homosexuel aux USA. Mais ni Gus Van Sant ni Sean Penn ne sont adeptes de la facilité. Pourtant, le bad boy d'Hollywood livre avec une aisance impressionnante son interprétation. Il est absolument époustouflant, tout comme les rôles principaux qui le mettent en valeur comme James Franco ( Spider-Man ) sous les traits de son petit ami Scott Smith ou Emile Hirsh ( Into the Wild ) en soutient et ami. 

     Gus Van Sant s'attache à décrire l'arrivée laborieuse de Milk sur la scène polique de San Francisco, et explique son parcours jusqu'à son assassinat. Pour apporter aux spectateurs le maximum d'informations sur Milk tout en restant au plus près de la vérité, le réalisateur américain s'est servi d'images tournées à l'époque, ce qui nous permet d'une part de se rendre compte de l'ampleur du mouvement que Milk a suscité aux USA, et d'autre part de la minutie avec laquelle Van Sant traite son sujet. Il a par exemple utilisé le véritable apartement dans lequel Harvey Milk habitait à San Francisco pour y tourner ses scènes. De même, il a retrouvé la boutique que Milk avait ouverte, Castro Camera, et a demandé aux actuels occupants s'il pouvait utiliser leurs locaux pendant 9 semaines!

     Bref, si vous ne l'avez pas encore vu, courrez dans le cinéma le plus proche!




Par Elodie
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Lundi 2 mars 2009
     ... ou comment se servir une énième fois de ses sketches à succès.
Les petites annonces ont largement fonctionné, elles étaient excellentes, mais on a envie de dire à Elie Semoun, même s'il est très doué pour ce genre de rôles, qui se ne marchera pas éternellement. On avait eu droit à Franck Dubosc dans Camping puis Disco, dans lesquels il reprenait deux de ses personnages de scène, aujourd'hui c'est Elie Semoun qui porte à l'écran Cyprien.

     Cyprien travaille pour un magazine de mode, Dress Code. Comme ça, ça fait rêver. En réalité, il est informaticien relégué dans un placard pour bosser et ignoré de tous. Dans la vie, c'est un geek, un nerd, bref un gars qui reste la plupart de son temps libre à jouer aux jeux videos, regarder des films et pirater des logiciels dans un cyber cafés avec ses potes geek. L'arrivée d'un déodorant magique va le faire devenir beau, et lui permettre d'appartenir à deux mondes différents, trop différents.

     Car le film bascule très très vite dans la caricature. On passe de l'un à l'autre des deux univers de Cyprien sans grande logique, où les différents personnages n'apportent pas grand chose. Léa Drucker est prévisible, Jean-Michel  Lahmi et Mouloud Achour complètement inutiles. Seul Laurent Stocker s'en sort un peu mieux dans son laisser-aller. Quand à Catherine Deneuve, elle n'est qu'une pâle copie de l'imbuvable Miranda Priestly, incarnée à merveille par Meryl Streep dans le Diable s'habille en Prada.

     Le film de David Charhon n'est pas sans rappeler les séries telles que Ugly Betty ou Seconde Chance... Pour l'originalité, on repassera.



Par Elodie
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Dimanche 15 février 2009

LOL

Dreams are my reality... ok, les ados ne font peut-être plus vraiment de boums l'après-midi, volets fermés à boire du coca, et ils ne posent certainement plus du Richard Sanderson sur les platines pour emballer les filles... Non, aujourd'hui les ados sont fashion, ils portent des jeans moulants, des Converses ou des talons, ont plein de cheveux plein la tête comme les BB Brunes et font de la musique avec un groupe de potes. Aujourd'hui les ados fument tous du shit, boivent de l'alcool, organisent des soirées dans le dos de leurs parents, droguent leurs surveillants au somnifère et font le mur en pleine semaine pour sortir en boîte dans Paris.

 

Cliché. Cela résume plutôt bien la vision que Lisa Azuelos nous propose des jeun's dans son LOL (Laughing out loud), comprenez « mort de rire » en langage MSN. On concèdera qu'il y a des évidences, comme cette addiction au portable ou au chat, qui ne contamine d'ailleurs pas que les ados. Mais au final, les ados des années 2000 n'ont pas forcément des préoccupations différentes de celle des années 80. On aurait aussi pu voir Claude Brasseur s'exclamer dans LOL, « t'es malade, enceinte, droguée, un coup dur, tu téléphones ! », autant que dans la Boum. Donc Sophie Marceau à la place de Brigitte Fossey, presque 30 ans après, relevait d'un choix à la fois tentant et convenu. L'alchimie mère-fille fonctionne, et heureusement !, puisque c'était quand même l'un des thèmes principaux de la réalisatrice.

 

     Pour camper sa bande de lycéens, Azuelos s'est appuyée sur Christa Theret, qui avait fait ses débuts dans Et toi t'es sur qui, et sur une poignée de jeunes acteurs tous débutants. Ils sont convaincants certes, mais trop parfaits ! Pas un seul bouton d'acné, pas une mèche qui dépasse, enfin ça, c'est une question de point de vue...

 

    Au final, on s' attend au voyage de classe en Angleterre, à la jalousie entre meilleurs potes, à la fille que tout le monde prend pour une pute, au gosse de riche coincé mais pas trop, à la toute première fois de l'héroïne avec le garçon qu'elle aime et aux crises des parents divorcés et dépassés. Seules les scènes où les adultes parlent franco sont moins linéaires. Ce sont ces moments là qui montrent très bien que Lisa Azuelos peut faire dans la réplique cinglante et la répartie fine, tout comme dans Comme t'y es belle ou auparavant 15 août. Elle semble en tout cas plus à l'aise avec les quadras qu'avec les ados.

 

     Sophie Marceau convainc, Jocelyn Quivrin aussi, seul Alexandre Astier paraît mis en quarantaine. Il aurait pu avoir un rôle où il s'exprime davantage, et non un personnage qui l'enferme dans la culpabilité adultérine ou le fait d'être dépassé par ses gosses. Au final, une vision réaliste mais édulcorée des relations parents-enfants.

Par Elodie
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Mardi 10 février 2009


     On avait laissé Danny Boyle au bord d'une plage paradisiaque. Mais comme le réalisateur américain n'est pas à un changement de cap près... il nous donne cette fois rendez-vous dans les bidons-villes indiens de Mumbai.

Inspiré du livre de l'auteur indien Vikas Swarup, "Les Fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devient milliardaire", Slumdog Millionaire peut être vu comme une occasion de dresser une fresque indienne, de faire partager une partie de la culture du pays mais aussi de son histoire, à travers les yeux d'un jeune garçon qui y grandit.

 


     Le réalisateur de l'excellent Trainspotting avait déjà essayé, mais en vain, de nous embarquer dans un pays d'Asie où il poussait déjà son héros à faire de nouvelles expériences, à se découvrir une vie, à changer. Mais La Plage de Leonardo DiCaprio était nettement moins convaincante.  Ici, on voit grandir Jamal tout au long du film, sous prétexte de comprendre comment et pourquoi il est capable de répondre aux questions d'un jeu télé alors que c'est un intouchable. Si l'histoire de ce jeune homme qui jouera à la fois de chances et de malchances peut être considérée comme très romancée pour servir le film, elle n'en reste pas moins surprenante, touchante, mais aussi profondément optimiste tout en restant réaliste.

 


     Et nous voilà emportés. Littéralement. On voyage, on écoute, on voit, on en prend plein les yeux. Scène emblématique : des enfants de 7 ans qui courent dans un bidon-ville à feu et à sang, sur une musique qui vous transporte. Et là, ça donne des frissons.... Danny Boyle a choisi non pas de tourner en studios, mais directement entre poussière et taudis. L'authenticité et la vérité qui en ressortent n'en seront que plus appréciées.

 


     Une petite longueur dans le film, parce qu'après plus d'une heure et demi, on doit bien avouer qu'on commence à s'impatienter sur le résultat final! L'acteur Dev Patel,  qui incarne Jamal jeune adulte, est parfois émouvant, mais souvent trop fade, sage et inanimé. Dommage quand on le compare aux jeunes comédiens qui incarnent le même rôle plus jeune. Eux sont étonnants.

 


     Un final sur touche de Bollywood, mais juste ce qu'il faut pour ne pas tomber dans le cliché. On pourrait rire autant que pleurer, et on en ressort des images et des couleurs plein la tête.



Bande-annonce



Par Elodie
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Vendredi 7 novembre 2008


Dans la famille Bond, je choisis Craig. Daniel Craig. 6ème Bond de l'Histoire, qui endosse une deuxième fois le costume de 007 pour le 22ème épisode des aventures de l'espion so British. On avait douté de lui au moment d'endosser le rôle mythique pour Casino Royale, sa prestation s'était révélée tout à fait digne de ses prédecesseurs : Sean Connery, Roger Moore, George Lazenby, Timothy Dalton et Pierce Brosnan. Mais il avait indéniablement chamboulé les fondementaux et continue sur cette fois dans Quantum of Solace. Un titre qui en a surpris plus d'un. Plus complexe et surtout plus mystérieux dans ses interprétations. Michael G. Wilson, producteur, explique : "Le titre du film vient d'une nouvelle de Ian Fleming et signifie dans le contexte de cette histoire qu'une relation ne peut être sauvée que si la confiance est restaurée entre les deux parties. "Quantum" signifie quantité et "Solace" consolation, réconfort. Le titre exprime donc l'idée qu'il faut partager ses souffrances pour trouver une issue heureuse et se réconcilier avec les gens. Le générique est à la hauteur. On y voit un agent entre désert et corps de femmes, comme pour nous rapeller que Bond est perdu dans ses propres sentiments, mais aussi pour faire référence au pays phare de l'action. Côté chanson, ce sont finalement Jack White, le leader du groupe de rock The White Stripes, et la chanteuse de R'n'B Alicia Keys, qui ont été choisis par la production pour chanter en duo Another way to die. C'est la première fois qu'une chanson de la saga James Bond est interprétée en duo.

Aux commandes du renouveau, Marc Forster, pas vraiment habitué du genre. On lui doit notamment Neverland (Johnny Depp, Kate Winslet), Les cerfs-volants de Kaboul ou A l'ombre de la haine. Un vrai défi pour le réalisateur. "J'avais très envie de faire ce film, mais c'était une décision difficile à prendre parce que c'était un projet très différent de ceux que j'avais faits avant. Quand vous faites un James Bond, vous devez respecter les codes de la franchise : il doit y avoir des James Bond Girls, de belles voitures, des paysages sublimes et une histoire palpitante. Vous êtes attendu par des millions de fans. Je trouvais cela intimidant, mais cela représentait aussi une fantastique opportunité".

Pas de panique, ils nous a laissé les obligatoires courses de voitures, les jolies, filles, les explosions, les méchants, les trahisons, l'humour... Mais trop peu d'humour! Avec Craig, Bond perd un peu de le flegme britannique qui était sa marque de fabrique sous les traits de ses autres interprètes. Ici, l'espion devient davantage un Jack Bauer ou un Jason Bourne. Une évolution au final plutôt réussie puisqu'elle s'inscrit dans une évolution suivie des cascades de plus en plus spectaculaires et des méchants sans doute plus crédibles, moins caricaturaux.

L'une des choses frappantes de ce nouvel opus est incarnée par notre frenchie Mathieu Amalric. Dans la peau de Dominic Greene, il ne ressemble pas au Chriffre de Casino Royale ou à Renard, auquel a dû se confronter Pierce Brosnan dans Le monde ne suffit pas. Pour Amalric, ce rôle constituait un réel défi : "
Quand j'ai commencé à réfléchir au personnage, j'ai demandé au réalisateur si je pouvais me raser la tête, avoir une cicatrice, un oeil qui saigne ou quelque chose dans ce genre qui puisse m'aider. Marc Forster m'a répondu : "Non, ton regard suffira". Et on confirme, pas de particularité physique déroutante, mais un regard dérangeant. Pantalon blanc impécable, petits mocassins, chemise à fleurs immonde, le méchant croque ici des pommes et parle calmement, sans jamais hausser le ton. Daniel Craig n'a d'ailleurs pas tari d'éloges sur son partenaire français : "Mathieu est un acteur extraordinaire. Son personnage n'est pas un savant fou ou un type à l'ego démesuré qui rêve de devenir le maître du monde. C'est juste un homme très offensif et très intelligent qui utilise ses talents pour manipuler les gens et s'enrichir le plus possible". Mathieu Amalric n'était pas le premier français à donner la réplique à 007. Avant lui, on aura vu Simon Abkarian dans Casino Royale, Sophie Marceau dans Le Monde ne suffit pas, Louis Jourdan dans Octopussy ou encore Michael Lonsdale et Georges Beller dans Mookraker.

Deuxième élément central : la James Bond girl! On a tous des images de femmes fatales, toutes aussi sublimes les unes que les autres, parfois cruches aussi, cela va sans dire... Ici, elle n'est pas cruche, elle est jolie, mais qu'est-ce qu'on s'ennuie!!!! Rien à voir, ou presque avec l'affaire de notre héros, une peau presque orange pour donner un teint "latino" à l'actrice russe Olga Kurylenko. Et même si cela peut relever du défi de prendre la suite d'Halle Berry et Eva Green, son interprétation ne fait pas d'elle une James Bond girl inoubliable...

Enfin, last but not least, n'oublions pas le plus important, notre blondinet! Dans ce nouvelle opus, Bond n'est pas vraiment "fun". Alors oui, il a perdu Vesper, la seule femme qu'il ait jamais aimée, oui elle l'a trahi, oui il souffre... mais il pourrait au moins sourire de temps en temps non? Il tue de sang froid, sans le moindre regret, ne prennant même pas le temps de réfléchir aux conséquences de ses actes. Heureusement, Daniel Craig a bien suivi ses cours de baston et nous offre quelques scènes plutôt physiques et mémorables, presque trop rares dans un film qui commence très intensément pour échouer dans une séquence finale un peu décevante. Yeux bleus et costume toujours impécable, même quand sa partenaire féminine finit en robe déchirée après une course en avion (si si!!!!), Craig incarne un nouveau James Bond mais semble s'y attacher, et nous aussi!

Pour l'anecdote et ceux qui ne se demandaient pourquoi Quantum of Solace est sorti sur les écrans un vendredi et non un mercredi comme à l'accoutumée, la réponse est simple et a fait sourire. La reine d'Angleterre voulait voir le film avant tous ses concitoyens. Bond est décidément toujours bien "au service de sa majesté"!


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Par Elodie
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Samedi 25 octobre 2008


     Woody Allen  continue son épopée européenne, quittant l'Angleterre grise des hautes sphères et des arrivistes pour une capitale catalane haute en couleurs et en personnalités. 
Lever de rideau sur deux américaines, jeunes, belles, venues passer un été à Barcelone. Vicky et  Cristina ont beau être amies, elles n'en sont pas moins très différentes l'une de l'autre, ne serait-ce que dans leur conception de l'amour, thème central que le réalisateur de Manhattan a choisi pour son quarantième opus. Vicky, fiancée, a déjà une voie toute tracée, un univers fermé, ne laissant de place pour aucun écart de conduite, et elle va rapidement se rendre compte que ce monde l'étouffe. Quand à Cristina, elle considère sa vie d'une manière beaucoup plus ouverte et indéfinie, au point parfois de s'y perdre.

     Et c'est en la personne de Juan Antonio, campé par le très inspiré Jarvier Bradem, qu'elles vont rencontrer l'amour avec un grand A. Chacune à sa manière, avec leurs croyances, leurs doutes et leurs expériences. Après un look qui ne le mettait pas vraiment en valeur, il faut le reconnaître, dans l'ovationné No country for old men, Bardem livre ici une prestation à la hauteurs de nos espérances. Il transpire littéralement de sensualité et emmène malgré elles les deux jeunes filles dans son jeu de séduction. Un trio complété par une Penelope Cruz absolument époustouflante. La folie de son personnage qu'elle arrive à nous transmettre est d'autant plus accentuée par la fait que Woody Allen ait choisi de la faire jouer en espagnol la plupart du temps. Mais n'oublions pas de mentionner Rebecca Hall, injustement oubliée de l'affiche au profit des stars. Son rôle est tout aussi important que celui des trois autres et la petite nouvelle, même à l'écart de part son personnage dans le film, convainc totalement.

     Allen a délaissé sa New York fétiche pour s'attacher à une Europe qui fascine les Américains. L'Europe des plaisirs et de l'insouciance, loin du puritanisme que l'on colle souvent à l'image stéréotypée des Etats-Unis. Il avait commencé ce voyage européen en Angleterre, pour sa trilogie Match Point - Scoop - Cassandra's dream. Faute de financements américains, il s'est donc tourné une nouvelle fois vers l'Europe. Il avoue avoir tourné à Barcelone car ce sont des producteurs espagnols qui ont accepté de financer son nouveau projet. Cela aurait pu être Rome, Berlin ou Paris. "La ville la plus romantique" selon Woody Allen. " Mais dites-leur : Paris est trop chère pour les tournages".

     Scarlett Jonhanson, nouvelle muse? Pas vraiment. Woody Allen affirme seulement être très inspiré par les femmes en général. Tout comme Diane Keaton ou Mia Farrow, il semble trouver en celle que tous qualifie de nouvelle égérie, les qualités qu'il cherche chez toutes ses actrices. "Ce n'est pas elle qui m'inspire mes films" précise le réalisateur. Mais il ne tarie pas d'éloges sur la plantureuse blondinette : "C'est une grande actrice, elle est belle, elle est sexy. Elle peut tout jouer, être drôle, tragique, compliquée. C'est un rêve de réalisateur".

     On nous avait promis un film des plus sensuels, scènes chaudes à l'appui... Mais Woody Allen reste dans le raisonnable et préfère la suggestion. Au final, un film à l'image de son affiche, avec des personnages particulièrement intéressants mais que Woody Allen s'efforce de ne pas dévoiler totalement, leur laissant une part de mystère et avec des décisions qu'on ne leur comprend pas forcément. Et c'est la spontanéité qu'on en attendait.

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Par Elodie
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Lundi 29 septembre 2008

 

Impossible de passer à côté de la surprenante Palme d'Or qui aurait ému aux larmes et séduit à l'unanimité le prestigieux jury du Festival de Cannes cette année. Le docu-fiction de Laurent Cantet, sa quatrième réalisation pour le cinéma, a retourné la planète Cannes, qui ne s'attendait pas à voir le film français, dernier film en compétition à avoir été projeté et finalement peu attendu, gravir les marches sous les feux de la rampe. En effet, Entre les murs ne faisait même pas partie de la sélection officielle du festival, et ce quelques jours avant le début des festivités. Il a tout de même succédé à Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat, dernier petit frenchie à avoir reçu la récompense suprême, en 1987.

 

Posons le décor : lycée Dolto, 20ème arrondissement de Paris. François Bégaudeau est professeur de français et professeur principal des 4ème 3. Un lycée réputé « difficile », une classe où les élèves, on va vite s'en rendre compte, n'ont pas leur langue dans leur poche. Inspiré du livre de Bégaudeau lui-même, dont le film reprend même le titre, Cantet va donc filmer pendant toute une année scolaire le quotidien des collégiens et de leur professeur. Les thèmes des cours, les réflexions des adolescents, les difficultés que l'enseignant rencontre pour se faire respecter et garder le calme dans sa salle de classe.

 

Pas de doute, on se retrouve sur les bancs du collège. Les mêmes sujets de cours, les mêmes interrogations. Les réactions de certains jeunes paraissent souvent excessives, démesurées, mais elles permettent de se plonger dans le quotidien du prof de français, parfois un peu longuet, il faut le reconnaître. On se sent confronté à une sorte de huis clos, puisque la caméra ne sort pas de l'enceinte du collège, ce qui a permis à Laurent Cantet d'asseoir encore plus son projet. « J'avais eu l'idée d'un film sur la vie d'un collège. Très vite, le projet s'est imposé de ne jamais sortir de l'enceinte de l'établissement. Je voulais la (l'école) montrer comme une caisse de résonance, un lieu traversé par les turbulences du monde, un microcosme où se jouent très concrètement les questions d'égalité ou d'inégalité des chances, de travail et de pouvoir, d'intégration culturelle et sociale, d'exclusion. Le film expose par exemple les barrières linguistiques rencontrées par un ado en difficulté dont les parents ne parlent pas français, ou d'un autre qui apprend tout juste le français et dont la mère vient d'être placée en centre de rétention. Des situations difficiles qui font aujourd'hui l'actualité et que Laurent Cantet expose mais sans les juger, ni donner forcément de solutions, mais toujours dans la perspective du professeur.

 
Devoirs sur table, lectures en cours, conseils de classe, récréations, salle des profs, conseils de discipline, rien ne manque, sauf peut-être un peu de rythme, lorsque les cours se suivent et se ressemblent. Une façon sans doute de transmettre la lassitude que nous avons tous connue en tant qu'élèves. On n'y apprend pas énormément de choses, mais on y trouve tous les problèmes auxquels peuvent être les professeurs : la culpabilité d'emmener un élève perturbateur dans le bureau du proviseur, l'état d'exaspération extrême qu'il faut savoir contrôler face à une vingtaine d'élèves parfois irrespectueux.

                                                                                                                                            François Bégaudeau


A raison d'ateliers avec des élèves de 4ème et 3ème de novembre 2006 à juin 2007 tous les mercredis après-midi, les salles de classes ont été un peu modifiées pour pouvoir accueillir trois caméras : une en permanence sur le professeur, une autre sur l'élève principal de la scène pour accentuer la confrontation verbale qui s'installe avec l'enseignant, et bien sur une troisième pour capter les réactions de la salle de classe. Les professeurs du collège et les parents d'élèves jouent tous leurs propres rôles.


Le réalisateur a choisi de filmer en numérique, ce qui lui a permis de tourner plus librement, caméra au poing, donnant souvent encore plus de réalisme à certaines scènes. Mais il a fallu adapter le format numérique aux salles de cinéma, qui diffuse habituellement en format 16/9, et les plans sont parfois trop serrés jusqu'à couper le front des acteurs. Mais les nombreux gros plans et focus permettent de mettre en valeur l'émotion et les réactions, ce qui au final est plus important.

 

Quelques phrases drôles, moments d'émotions, doutes et certitudes, pour décrire au final un métier pas si facile, mais dont on comprend qu'il s'inspire d'une véritable vocation.

 

Bande-annonce

Par Elodie
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