Hancock
Dans Independence Day, Will Smith incarnait un flic et sauvait le monde des extraterrestres. Dans I, Robot, il sauvait le monde de robots rebelles et meurtriers. Et plus récemment dans Je suis une légende, on le retrouvait seul d'une New-York infectée par la peste et unique espoir de sauver l'humanité. Alors pour changer, le Prince de Bel Air, cette fois, sauve les gens !
Hancock est un superhéros. Oui mais un superhéros pas comme les autres. On n'imagine pas Superman bougonner en allant secourir une jeune fille ou Spiderman arriver complètement ivre, une bouteille à la main, pour prêter main forte à la police. C'est pourtant le quotidien de John Hancock, héros malgré lui. Il ne sait pas vraiment qui il est, s'étant réveillé sur un lit d'hôpital doté de superpouvoirs venus de nulle part. Avec un sérieux penchant pour l'alcool et pas vraiment adepte de la douche matinale, il vient en aide mais uniquement parce qu'il en a le don, sans accorder la moindre importance aux conséquences de ses actes et aux dégats matériels qu'il provoque à chaque sauvetage. Résultat : les habitants, même s'ils lui sont reconnaissants, le détestent et le lui font savoir. Un héros pas comme les autres donc. C'était sans compter sur la détermination de Ray (Jason Bateman), chargé de relations publiques, qui va se lancer le défi de faire d'Hancock un citoyen respectueux et respecté.
Scène d'entrée plutôt directe pour une mise en bouche finalement peu représentative du film. Une déferlante d'effets spéciaux, des voitures qui tournent comme des boomerangs et pas moins de trois semaines de tournages rien que pour cette première séquence. Mais heureusement, le nouveau film de Peter Berg va approfondir le personnage. Le réalisateur américain à la double carrière d'acteur (21 Jump Street, Alias, Collatéral) et de réalisateur (Very bad things en 1999, Le Royaume en 2007) se lance le défi d'humaniser son héros et de le rendre beaucoup plus vulnérable que ses pairs ont pu l'être. Le personnage est plus humain, plus vulnérable qu'on pourrait le penser ; et même si le film est classé «action », la part belle est faite aux émotions.
Renforcé par une caméra livrant des plans inattendus dans les films du genre, forçant sur les gros plans, cachant une partie du visage du protagoniste ou mettant en lumière les personnages secondaires qui vont aider notre héros à se construire, le jeu de Will Smith est totalement crédible. A la fois drôle, émouvant, classe, imposant, il se glisse à merveille dans la peau de Hancock. Acteur multi-genres, il endosse chacun des personnages qu'il incarne avec une facilité et une justesse déconcertante. Charlize Theron, autre star du blockbuster, dont on taira le rôle pour ne pas dévoiler un des éléments majeurs du suspense du scénario, ne déçoit pas non plus, Bien que souvent cantonnée à des rôles différents de celui de Mary, elle allie force de caractère et émotion.
A mi-chemin entre X-men et Hulk, sans oublier des plans qui rappellent étrangement un certain Spiderman se baladant d'immeuble en immeuble, Hancock tient toutes ses promesses. Sur fond de rap (on a eu peur de valser entre électro et country à cause de la scène d'ouverture), il nous embarque dans sa quête d'identité et de reconnaissance. Une phrase, une seule, pour comprendre le phénomène : « Traite-moi encore une fois de sale con, juste une fois pour voir ».
La bande -annonce