0SS 117, Rio ne répond plus
Une chose est sûre, une fois que Jean Dujardin est lancé dans ce rôle, on ne répond plus de rien. Ou plutôt si. Il le maîtrise à fond. Pas étonnant quand on sait que cet acharné de travail est capable de lire 80 fois un scénario avant d'arriver sur un plateau de tournage. Pour proposer au réalisateur les différentes facettes du personnage qu'il a testées. Oui mais le talent n'arrive pas après 80 lectures.
Donc on prend les mêmes et on recommence. Après OSS 117, le Caire nid d’espions, le duo Dujardin – Hazanavicius se retrouve en Amérique Latine pour combattre un groupe de nazis coriaces. Et qui dit Brésil, dit forcément jolies brésiliennes. Hubert Bonisseur de la Bath est aux anges et va pouvoir confirmer (tester) son pouvoir de séduction sur la gente féminine locale.
On peut affirmer sans grande hésitation que pour une fois le second opus est même meilleur que le premier. Plus mordant, plus incisif, plus osé surtout. Oser s’attaquer à l’humour juif n’est pas forcément bien perçu mais ils se lancent et ça marche! Sans doute grâce au caractère proprement insupportable de notre héros. Plus misogyne, paumé et frimeur que jamais, il porte à lui seul le film.

Soyons honnêtes, ce n’est pas l’intrigue ou les personnages secondaires qui font le film. C’est Dujardin. En boots ou en caleçon de bain, sur la plage ou dans un avion prêt à se crasher, c’est lui. Dommage pour Louise Monot, plutôt convaincante, mais contrainte de s’effacer devant un rôle d’OSS démesurément efficace. Ses robes ultra courtes et ses bottes coordonnées n’auront pas suffit. Pourtant elles font partie d’un point capital : l’importance donnée aux détails. Tout est calculé, millimétré, rien n’est oublié pour nous plonger dans l’époque gaullienne de 1967. C’est une des forces du film. La capacité de l’équipe technique à combiner une ambiance sixties flamboyante, et une réalisation résolument moderne. On a ainsi droit aux scènes en voiture filmées avec un faux paysage derrière où le conducteur tourne le volant pour aller tout droit, mais aussi à un écran qui se divise en plusieurs visions simultanées.
Il ne nous reste plus qu'à attendre un éventuel troisième volet, en espérant qu'ils osent encore et toujours plus.