Quand Hollywood s'invite dans la campagne
Les candidats à la présidentielle sont-ils trop « people » ? Ce qui est sûr, c’est que les élections américaines ont vu s’engager nombre de célébrités pour l’un ou l’autre des deux camps. A ce jeu, Barack Obama l'emporte clairement en raflant la majorité des suffrages hollywoodiens.
Pour soutenir leur chouchou, les stars ont mis la main au porte-monnaie. Pas moins de neuf millions de dollars ont été collectés lors d’une soirée huppée organisée à Beverly Hills le 16 septembre dernier. Sorte de gala de bienfaisance présidée par, excusez du peu, Barbara Streisand. Il y avait là de nombreuses stars comme Leonardo DiCaprio, Jodie Foster, Jamie Lee Curtis ou encore le réalisateur Steven Spielberg. Avec un droit d’entrée fixé à 30 000$ et une place de concert à 2500$ supplémentaires, la levée de fonds a été conséquente. Une petite somme que le candidat n’a pas refusé pour aider à financer une campagne de 600 millions de dollars au total, même s’il a préféré renoncer au financement public plafonné à 84 millions.
L’implication de figures connues n’est pas nouvelle, mais elles se sont véritablement mobilisées en 2008. Son plus fervent suporter notable étant bien sûr Bruce Springsteen, que l'on a vu chanter à ses meetings ou réaliser ses spots. De nombreuses célébrités ont ouvertement apporté leur soutien au sénateur de l’Illinois : Forest Whitaker, Georges Clooney, Morgan Freeman, Susan Sarandon, Will Smith ou Michael Moore, entre autres. Des acteurs de séries télé se sont également associés à d’autres chanteurs et acteurs (Scarlett Johanson, Will.i.am) pour le clip « Yes we can », reprenant le célèbre slogan du leader démocrate.
Madonna attaque, Paris Hilton contre-attaque
On aurait presque l’impression que la planète Hollywood est en ébullition ! De la convention démocrate pour laquelle Edward Norton a réalisé un documentaire sur Barack Obama à Halle Berry portant un tee-shirt floqué « Obama for change ». Sans compter la reine de la pop, qui décide de s’y mettre aussi et de jouer encore une fois la provocation. Madonna a en effet choisi, pour son Sticky and Sweet Tour, de chanter son titre « Get stupid » sur fond d’images de destruction, de portraits d’Hitler, du président zimbabwéen Mugabe et… de John McCain !
Difficile pour le candidat républicain de faire face. Il aura néanmoins réussi à obtenir quelques soutiens non négligeables comme le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger, les acteurs Jon Voight, Tom Selleck, Sylvester Stallone, Robert Duvall, Clint Eastwood ou Chuck Norris, et les chanteurs Joe Perry (du groupe Aerosmith), LeAnn Rimes ou le rocker Ted Nugent. En réalité, John McCain a davantage réussi à faire parler de lui par les stars dans des termes plutôt moqueurs ou ironiques. Paris Hilton n’a pas apprécié que le sénateur de l’Arizona utilise son image. Elle a contre-attaqué en faisant un faux spot de campagne, en maillot de bain léopard et chaussures dorées, allongée sur un transat.
Obama – Lohan : « incompatibilité d’image »
L’engagement des stars peut-il porter préjudice aux candidats ? Ou au contraire les aider à entrer à la Maisons Blanche ? C’est en tout cas la question posée par une étude de l’Université du Maryland, qui considère que le soutien de l'animatrice Oprah Winfrey pour Barack Obama, aurait permis de rassembler un million de voix supplémentaires pour les primaires. Elle avait notamment prononcé un discours à Los Angeles le 3 février 2008 pour soutenir sa candidature. Autre facteur : l’implication de célébrités dans cette campagne semble inciter les gens à s’inscrire sur les listes électorales, en particulier les jeunes. Certains ont prêté leur image à une campagne de pub avec pour slogan « Only you can silence yourself », photos chocs à l’appui, telle Jessica Alba attachée et muselée façon Hannibal Lecter.
Le « facteur H » (pour Hollywood), comme on l’appelle, signifie qu’à chaque cause est attaché un ambassadeur people. Barack Obama en aura largement profité, tout en modérant un peu cet engouement. Il aurait notamment décliné le soutien de Lindsay Lohan, pour « incompatibilité d’image ».