Sweeney Todd
Benjamin Barker a tout perdu. Jalousé par le juge Turpin qui convoitait sa femme et séquestre sa fille, il a passé 15 ans au bagne en Australie. Le film commence avec son retour à Londres, où il compte bien assouvir sa soif de vengeance. Avec Mrs Lovett, secrètement amoureuse de lui, ils imaginent un plan machiavélique…
Plongeons au cœur du Londres du 19ème siècle, Londres noire et terrifiante, pauvre et corrompue. Sous les toits d’une maison miteuse, Sweeney Todd assassine froidement tous les clients qui se retrouvent sous les lames de ses rasoirs. Mrs Lovett trouve ainsi de la viande à mettre dans ses tourtes. Ajoutez à cette diabolique machination le matelot qui a sauvé Todd lors de son évasion qui tombe amoureux de la fille de Todd lui-même et le méchant juge Turpin qui veut épouser la jeune fille. Quiproquo assuré, situation inextricable.
Dès les premières scènes du film, une chose est évidente : Johnny Depp s’amuse. Il semble porter le rôle du diabolique barbier avec une telle facilité que cela en devient déconcertant. Il se plaît à faire évoluer le personnage, lui donne mimiques et attitudes caractéristiques. Comme un danseur sur scène, il joue littéralement de ses rasoirs, donnant vie à sa fameuse réplique « at last my arm is complete again ! ». Tourmenté, déjanté, diabolisé…on apprécie le Johnny dans une énième facette, preuve de son talent. Avec une Helena Bonham Carter moins surprenante puisqu’elle est dans son élément mais qui reste totalement convaincante, le duo fonctionne à merveille et donne au film ce petit grain de folie qu’on attend de la part du trio gagnant Depp-Carter-Burton. Les personnages secondaires restent pourtant secondaires, Alan Rickman (Love Actually, Harry Potter) et Timothy Spall (Harry Potter) y campent des “méchants” basiques et assez caricaturaux sans grande surprise.
Redingotes, haillons, ruelles sombres… Tim Burton nous emmène dans son univers dont il ne nous laisse nous échapper qu’au sortir de la salle de ciné. Les couleurs, dans des teintes grisâtres (faisant contraster ainsi flash-backs et rêveries plus colorés), imposent une atmosphère macabre et des acteurs au teint maladif d’une Londres affamée. Seuls des litres de sang, qui ne semblent pourtant pas apaiser la fureur de Todd, apportent un éclat parfois irréaliste, même si la fin est un peu trop sanglante. Le tout saupoudré d’une bande originale servie par les acteurs eux-mêmes et qui reprend les chansons du spectacle dont elle s’inspire.
On en redemande!
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