Match Point

Publié le par Elodie

    Londres. Capitale européenne, culture, riches familles qui prospèrent dans le milieu des affaires, jeunes hommes et femmes à la recherche d’un avenir et d’une moitié. Woody Allen s’appuie  sur des clichés pour en sortir un véritable chef d’œuvre. Au départ : un jeune homme de condition modeste, dans un ascenseur social un peu en panne, et qui va avoir la chance de donner des cours de tennis à un fils de bonne famille. Coup de bol, il a une sœur, plutôt jolie. Mais il a aussi une fiancée, plutôt mystérieuse et envoutante. Dès le début donc, dilemme ! D’un côté la stabilité, la sécurité d’une situation familiale, rangée, tranquille, confortable mais... routinière. De l’autre, la passion, l’interdit, le piquant, le sensuel, le charnel. Pour résumer : le matériel ou le romanesque? Le spectateur aura droit à deux heures d’hésitations, pour au final se demander s’il aurait fait le même choix que le héros.

 

 

     A travers le parcours de cet arriviste irlandais dans une Londres bobo et attirante, on visite les quartiers, les musées (fabuleux Tate Modern sur les bords de la Tamise, pourtant recréé en studios puisqu'interdit aux tournages), mais aussi les doutes d’une jeunesse dont les envies et les priorités peuvent être bien différentes selon les personnalités. Quand l’épouse, Emily Mortimer, ne rêve que de mariage et d'enfants, la maîtresse, Scarlett Johansson, court les castings, se cherche et déplore son propre manque de réussite. Jonathan Rhys-Meyers, dans le rôle principal, impressionne de par son double comportement, sa capacité à captiver le spectateur et surprend par un étonnant changement de personnalité. On l’avait découvert entraineur de foot dans Joue-la comme Beckham en 2002 aux côtés de Keira Kneightley, il avait ensuite explosé dans la sulfureuse et médiatique série Les Tudors, dans laquelle il incarnait le charismatique Henri VIII. Le rôle de Joe dans Joue-la comme Beckham a d'ailleurs été un déclic pour Allen : "Dès l'instant où j'ai pensé à lui pour le rôle, cela a été impossible d'envisager quiconque d'autre..."

 

 

     Mais la révélation (ou plutôt confirmation) du film reste sans aucun doute Scarlett Johansson… On a tous, ou presque, vu ou entendu parler de L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, premier grand film dans lequel elle va s’illustrer, avec à ses côtés, excusez du peu, Robert Redford et Kristin Scott Thomas. Il y a pire pour une jeune actrice de 14 ans qui ne tourne que depuis trois ans. Ça nous ferait presque penser à un certain Léonardo DiCaprio, dont le premier grand rôle, plutôt bluffant, au cinéma, s’était imposé dans Blessures secrètes, où il donnait la réplique à Robert DeNiro et Helen Barkin. Suivront les salués Lost in Translation de Sofia Coppola (avec Bill Murray), La jeune fille à la Perle (de Peter Webber) ou encore The Island (avec Ewan McGregor). Ici encore, elle crève littéralement l’écran. Tout comme Chris Wilton va être immédiatement intrigué et envouté par Nola Rice dans le film,, Scarlett Johansson attire le regard du spectateur à la moindre scène où elle apparaît, accrochant l’œil de la caméra. Un rôle qui se rapproche également de celui qu’elle interprète dans le dernier long-métrage du réalisateur américain, Vicky Cristina Barcelona, pour l’aspect à la fois volontaire, effronté mais aussi perdu du personnage.

 

 

     Match Point, 39ème réalisation de Woody Allen, marque aussi le premier volet de la saga européenne de cet amoureux de New-York, qui pour une fois en est sorti. Elle sera complétée par Scoop, avec Hugh Jackman et toujours Scarlett Johansson, en 2006, puis Le rêve de Cassandre en 2007 avec Colin Farrell et Ewan McGregor. Pour Match Point, le réalisateur a d'ailleur misé sur un casting entièrement britannique, mise à part Scarlett Johansson. "L'Anglais parlé par les Britanniques a beaucoup de charme. Les dialogues dits par des acteurs anglais sonnent toujours incroyablement juste. Je ne vois pas vraiment de différence entre les acteurs britanniques et américains : si un acteur est doué, peu importe sa nationalité. Néanmoins, je trouve que les Anglais ont une façon de travailler vraiment épatante. Est-ce génétique ou dû à leur formation ? En tout cas, ils sont toujours extraordinaires." Un mot qui résume tout le film. Tout simplement bluffant.

 

Publicité

Publié dans Panthéon

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Je partage ton point de vue sur ce film, en particulier les prestations de Johnattan Rhis Meyer (désolée pour l'othographe) et Scarlett Johansson, qui j'avais vraiment beaucoup appréciées. C'est même ce film qui a fait que j'ai commencé à m'intéresser à ces deux acteurs. Cela dit, je dois reconnaitre que je suis assez décue, à long terme, par le jeu de Scarlett Johansson, au travers de ses films. Je trouve, en effet, qu'elle se répète énormément, et ce même dans des films radicalement différents ; un peu comme Hugh Grant, très efficace dans son style, mais qui ne prend pas vraiment de risque. Mais en tous cas, il est clair qu'elle a une sacré présence!
Répondre
E
Ma proposition sera simple! J'aime ta façon de parler du cinéma et ta vision des films.<br /> Souhaiterais faire partie des auteurs du cinéma d'olivier et publier des articles?
Répondre
E
bien sûr que je ferai partie des fidèles de ce blog: vivement ton prochain article!
Répondre
E
je vois que tu n'as pas publié d'articles depuis le 25 novembre, vas -tu poursuivre l'aventure sur ce blog?
Répondre
E
<br /> oui j'avoue... j'ai pas mal de travail en ce moment, et je n'ai pas vraiment eu le temps de me consacrer à mon blog... mais bien sûr que je continue ! je pense pouvoir publier dans quelques jours,<br /> j'espère te compter encore parmi mes fidèles à mon retour ;)<br /> merci pour ton message<br /> <br /> <br />
S
Bonsoir Elodie,<br /> <br /> Je fais juste un petit passage furtif pour te souhaiter une bonne année 2009 et une longue vie à ton blog !<br /> <br /> Amicalement,<br /> <br /> Shin.
Répondre